AmnésIE
Ton royaume n’a plus de confins
J’ai beau me révolter
J’ai beau cherché
A y mettre fin
Mes tentatives n’ont
servi à rien
Ton empire
Habite mon cerveau
Et s’y cramponne
avec une force implacable
S’il te plaît, sois
aimable
Quitte moi
Abhorre mon monde
Beaucoup de gens
ont besoin que tu les inondes
Que tu les enveloppes
de ton ombre
Certes, un jour,
tu étais pour moi
Le remède tant attendu
Le remède miracle
Je me suis donné
toutes les peines du monde
Pour que tu sois
ma compagne
Je t’ai faite jumelle
de mon âme
Comme un océan qui
déroule ses flots
Tu as envahi les
profondeurs de mon être
Chaque pas que je
faisais
Chaque mot que je
disais
C’était grâce à ta
magie
Ton esclave j’étais
devenu
Ton esclave je voulais
rester
Car tu étais ma libératrice
Tu m’avais arraché
à moi-même
Tu avais effacé en
moi mon passé
Aujourd’hui je te
demande de me quitter
Je te souhaite de
trépasser
Afin que je me revois
en moi
Comme j’étais autrefois
Avant de te connaître
Avant de t’idolâtrer
Avant de faire de
toi le temple de mes prières
Aujourd’hui je n’ai
plus
Qu’une seule prière
Que je ne cesse de
psalmodier
Que je ne cesse de
crier
Pour que de ma vie
tu disparaisses à jamais
Toi que personne
autour de moi ne connaît
Toi que je peux maintenant
nommer
Amnésie ! Amnésie !
Amnésie !
Sais-tu
ô mon amnésie
Que
mon histoire ne pourra se façonner
Qu’à
partir de mon histoire
L’histoire de mon passé.
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ÉGAREMENT
Mémoire endormie
Écrasée, vaincue
Par des souvenirs
séculaires
Les souvenirs de
la honte !
Une histoire jalonnée
De déboires et de
défaites
Mémoire qui refoule
Qui anéantit
Qui rejette
L’homme que je suis
Mon histoire me dégrade
L’homme que je suis
n’est plus
Que l’écho à peine
perceptible
D’une conscience
Qui fut la plénitude
de mon être
Égaré dans une identité
disloquée
Perdu dans les méandres
des chimères
Je cherche encore
un millième
De ce qu’était ma
conscience.

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J'AI ENVIE
J'ai
envie
J'ai
tant envie de dire
Sans
frémir
Que
cette peur
Qui
habite mes entrailles
Qui
chaque fois me fait m'accroupir
Qui
chaque fois me fait sentir
Qu'autour
de moi, il n'y a que du pire
J'ai
tant envie de dire
Que
cette peur devra périr
Mais
ma volonté me trahit
Et
je demeure
L'éternelle
proie de ma peur
Est-ce
cela la vie
La
vie imposée par la politique
Bien
dosée
De
ceux-là même
Qui
ont tout manigancé
Pour
qu'en moi s'éternise la peur
Et
pour que jamais je ne pourrai dire
Que
je vais enfin être
Un
homme libre....

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FEUILLE
BLANCHE
Chaque fois
Que j’ai envie
D’esquisser quelques
mots
Et me trouve devant
toi
Je prends ta couleur
Je pâlis de peur
Et un torrent d’effroi
Emplit mon cœur
En pareil moment
Je ne peux contenir
mon désarroi
L’élan de ma pensée
Provoque en moi
Un séisme de mots
incontrôlables
De mots indéchiffrables
Tout mon passé
Surgit d’un seul
coup
Et me paralyse de
dégoût
L’extinction de mon
courage
Devient inévitable
Jusqu’à quand
Vais-je encore souffrir
Des innombrables
contradictions
Des paradoxes et
des tensions
D’une existence
Sans cesse tourmentée
Sans cesse hantée
Par le spectre
De mon être profond
Et pourtant, comble
de l’absurde
Tu n’es qu’une feuille
blanche
Une quelconque feuille
blanche
Mais ton incessante
exigence
Fait de toi
Une source d’épouvante
Une sorte de bête
écœurante
Qui me repousse
Qui me martyrise
Qui me laisse toujours
En prise
Avec un tourbillon
infernal
De doute et de désespoir
Et pourtant, comble
de l’absurde
Ce n’est que toi
Qui peux encore
Quelque chose pour
moi
Qui peux encore me
délivrer
De mon mutisme exacerbé
De me sauver
De l’atrocité que
chaque jour
Je subis
L’atrocité de ma
solitude infinie.

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L'INSPIRATION
Qu'attends-tu
Pour
revenir au bercail
Pour
venir frapper
De
nouveau à ma porte
Pour
éveiller en moi
De
nouvelles sensations
Le
temps passe vite
Tu
sais
Je
prends de l'âge
Tu
sais
Et
n'ai plus le courage
Ni
la patience
De
rester à ne rien à faire
Sauf
de t'attendre
J'ai
beau cherché à t'amadouer
Je
t'ai mille fois supplié
Tu
n'as pas daigné
Une
fois pour toute me dire
Que
je n'ai plus à t'attendre
Et
que toute tentative de ma part
Sera
irrecevable
Sera
même condamnable
Tu
sais,
Ta
longue absence
A
fait de mon cerveau une ruine
A
peine on perçoit
Qu'autrefois
Il
était plein de choses merveilleuses
Qu'avec
aisance
Je
façonnais
Et
transformais
En
idylles chantant l'espoir
En
paroles scandant ici et là
Le
recommencement
L’échec
n'est plus qu'hallucination
Fruit
d'une lassitude passagère
La
persévérance reste, et pour toujours ma devise
Et
c'est pour cela, ma chère
Que
je passerai s'il le faut
Ma
vie à t'attendre
Une
multitude de mots
Grouillent
de nouveau dans ma tête
Et
mon souhait le plus profond
Est
que tu puisses sans trop tarder venir
Pour
les vêtir
De
ta magie
Ton
inépuisable magie
Qui
a su faire voyager
Des
mots semblables
A
travers les âges
Je
t'implore
Mille
fois, je t'implore
Reviens,
même pour quelques moments
Reviens
Tu
es la seule chose
Qu'il
m'est donné encore de convoiter
0
Inspiration

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| |
ÉCLAT
DE LA BETISE
Je ne cesse de fredonner
Cet air nostalgique
De ma tendre jeunesse
Pour que le reflux
de mes souvenirs
Envahisse de nouveau
ma mémoire
Mais en vain !
Je reste cloîtré
dans mon quotidien
Déchiqueté par la
réalité de mon présent
Les gens autour de
moi
Continuent de fourmiller
De patauger dans
les ténèbres
De leur inconscience
Aveuglés par l’éclat
de la bêtise
La plus monumentale
La plus inégalable
Qu’ils appellent « leur vie »
Et que vive la vie
!

|
| |
ÂME REVOLTEE
Tais-toi ô voix de
mon âme
Âme révoltée, âme
qui s’enflamme
Et se débat dans
un monde de crapules
Un monde où de souffrance
tu te soûles
Ta voix me peine
et ulcère mon cœur
Ta voix me chagrine
et attise mon malheur
Quand viendra le
jour qui effacera ta colère
Quand explosera le
volcan de ton mystère
Qu’est-il advenu
de ton ardeur rayonnante
De ce temps qui t’enivre
et t’enchante
De ce monde où tu
puises ton bonheur
De ce monde où tu
luisais de splendeur.
|
| |
SILENCE
SALUTAIRE
Un torrent de mots
M’accable nuit et
jour
Fleuve débordant
Ébranlant mes racines
Perdu dans mon âme
Égaré à ne plus en
finir
Je cherche à m’accrocher
A
l’infime brindille
Qui me reste de moi-même
Que de péripéties
Que d’antagonismes
Où est ma force
Où est mon humanisme
Ma pensée me trahit
Ma voix gutturale
N’a plus d’échos
Le désert du silence
L’étouffe et la rend
inintelligible
Je pioche dans mes
souvenirs
En quête d’une oreille
attentive
Vaine tentative
Mon destin me rappelle
Avec éloquence
Sa triste évidence
Mes mots désormais
N’auront plus de
sens
Et leur tyrannie
A juré de m’ensevelir
Et de m’envelopper
Pour toujours
Dans le linceul fétide
Du silence...
Triste sort que je
n’ai autre choix
Que d’accepter
Que de m’y adapter
Si je souhaite encore
conserver
Le peu qui
me reste de moi même.

|
| |
| |
DESTINEE
OBSCURE
De soubresauts en
soubresauts
D’amertume en amertume
Mon âme est toujours
là pour subir
Image fatale d’un
obscurantisme infini
Dédales encombrés
De choses fatales
et prédestinées
Tissées par la main
d’une destinée
Et sans cesse réanimées
Pour que l’écœurement
reste vivant
Pour que le dégoût
remplace le vent
Et souffle à tout
instant
Pour rappeler indéfiniment
Que nos jours ne
verront jamais de meilleurs jours
Condamnés à jamais
par ce triste sort
Et malgré l’hypocrisie
des inventeurs d’espoir
Nous traînons comme
des cafards
En proie à l’ultime
hasard
Qui fait de nous,
ce que nous sommes
Des âmes damnées,
des âmes obscures
Avides de banalités
et de tristes plaisirs
Afin que l’oubli
soit notre sauveur
Afin que la vie nous
soit supportable.

|
| |
LE MUR
Que pourrai-je encore
faire
Pour supporter ma
vie
J’ai en moi fouiné
J’ai en moi cherché
La volonté nécessaire
La force nécessaire
Le mur est toujours
là
Je suis las
La lumière n’existe
plus
Le chemin demeure
obscur
Que de temps perdu
Alors que le firmament
M’interpelle
Me harcèle
Pour la quiétude
sollicitée
Pour pouvoir à jamais
La paix mériter
Pour cohabiter avec
l’éternité
Mécanisme d’une problématique
insoluble
Qu’est ce qui peut
être valable
Le néant qui consume
mon être
La sagesse qui m’encombre
N’est-il pas clair
Qu’il devient évident
De tout enterrer
De tout annihiler
et de recommencer
Puisque la vie devra
être
Un éternel recommencement
Comment est-ce possible
Les choses qui peuvent
Aujourd’hui être
plausibles
Le lendemain
Deviennent inutiles
et nuisibles
Que la vie est terrible
!
Devient-il certain
Pour que l’être en
nous
Puisse vivre
Il faut supprimer
Le monde qui nous
a fait
Qui à chaque instant
Nous façonne
Nous broie
Nous annihile...

|
| |
TA
DESTINEE
Malheureux qui es
là
Que ne cesses-tu
de gémir
De hennir
Comme une âme enragée
Pourquoi t’affaisses-tu
T’abandonnes-tu à
ta misère
A ton enfer
Je frémis de te voir
Indéfiniment secoué
Par le flot torrentiel
de ta pensée
Ta vie n’est plus
qu’un
Champ de contradictions
Ramasse tes affaires
Tu seras apaisé de
partir
De mettre du vent
dans
Les voiles de ta
destinée
Et la laisser s’envoler
Dans l’espace incommensurable
De contrées jusque
là inconnues
Vas, pars
Ne regarde pas en
arrière
La vie se trouve
devant
Derrière, c’est l’enfer
de toi-même.
|
| |
REVOLTE
J’ai trop longtemps
patienté
J’ai trop longtemps
attenté
à
mon honneur, à ma dignité
D’avoir accepté
D’être l’esclave
de la bêtise
De la félonie
De la connerie
De ceux qui pensent
Détenir dans leur
main
Notre vie, notre
destin
Aujourd’hui, ma révolte
m’étouffe
Et secoue tout mon
être
De l’interrogation
a jailli enfin
L’éclair annonciateur
D’une nouvelle vie
Du nouveau chemin
Il me faut désormais
Être ce que je dois
être
Et non plus ce que
j’ai pu être
Il n’est plus question
D’accepter et de
feindre
La vie est là dans
sa majesté
Dans sa plus grande
fierté
Elle n’est pas comme
on nous l’a toujours dépeinte
Que de merveilles
que de beauté
Aujourd’hui ô Mme
« la vie »
J’ai décidé tout
simplement
Humblement
De laisser mon cœur
Tomber dans tes fers
D’être ton éternel
amant
Ton fidèle amant
Mon seul destin sera
Désormais celui-là
Et qu’à partir de
ce moment
Je te le jure
Personne ne sera
en mesure
De posséder le moindre
grain
De mon destin.

|
| |
décide-toi
Plus
rien
Ne te retient
Qu'attends-tu
alors
Sois
très fort
Tu
n'as pas le temps
Pour
un quelconque choix
Décide
toi
Débarrasse
toi
Des
éternelles hésitations
Des
vaines tentations
Des
ceci, des cela
Arrête
de te plaindre
Arrête
de feindre
Qu'est-ce
que tu as à craindre
Si
des fois
Tu
décides
Cesse
de geindre
Il
n'y a qu'une décision
Sans
hésitation
Qui
pourrait
Te
sauver
Pour
toujours.

|
| |
TRISTE
SORT
Accablé
par les années
Ruminant
des souvenirs surannés
Refusant
d'enterrer
Pour
toujours
L’éclat
de mes jours
Et
de sombrer
Sous
les décombres
De
mes échecs répétés
J'affronte
encore
Avec
courage
Ce
triste sort
Que
je n'ai guère voulu
Que
je n'aime guère
Demain,
c'est certain
Je
me frayerai un autre chemin
Parmi
ces tristes humains
Qui
ont fait de ce monde
Une
tombe sans fin
Oubliant
chants et musique
Faisant
tonner le canon endémique
De
leur connerie historique
Un
autre chemin
Qui
me mènerai loin
Pour
triompher, c'est certain
De
la bêtise séculaire
Empâtée
par la haine et le dédain
De
ceux qui, tenants d'arbitraire
Façonnent
sur terre
L'histoire
des hommes
Mon
histoire
Ton
histoire
A
laquelle nous nous résignons
A
laquelle nous nous habituons
Si
toutefois
Nous
souhaitons encore vivre
Et
nous targuer d'appartenir
A
ce monde immonde
|
| |
QUESTIONNEMENT
Penser
, réfléchir
Vouloir
toujours
Trouver
le pourquoi des choses
Mettre
en question
Mettre
en cause
Pourquoi
tel ou tel effet
De
telle ou telle cause
Pourquoi
cette existence
Pourquoi
cette vie , pourquoi la mort
Qu'est-ce
qu'avoir raison
Qu'est-ce
qu'avoir tort
Faut-il
vivre et se taire
Faut-il
vivre et ne rien voir
A
tout vouloir comprendre
Peut
nous faire tout détester
A
tout vouloir savoir
Peut
à notre âme attenter
La
ternir et l'envelopper
Dans
un voile sombre
Où
es-tu ô ma sagesse
Où
es-tu ô mon courage
Pour
sortir de cet engrenage
Faudrait-il
que je renaisse?
La
vie ne se renouvelle plus
Les
questions restent les mêmes
Que
je hais ou que j'aime
La
vie sera toujours là
Pour
dicter , sans répit, ses lois.

|
| |
ON RACONTE
On
raconte
Que
je raconte
Ce
que tout le monde
Se
raconte
Que
je n'ai guère évolué
Que
je deviens redondant
Que
personne ne veut plus
De
ce que je raconte
Tellement
ça devient redondant
C'est
tout à fait vrai
Car
je n'invente rien
Ce
qui me semble vérité
Ne
date pas de moi
Aucune
prétention de ma part
Ca date de tous les temps
Ce
n'est pas de ma faute
Si
l'humanité reste l'humanité
Depuis
que des hommes se sont mis à penser
Aux
choses en somme
De
l'humanité
La
vie en soi
est
restée la même
Comment
dans ce cas
Ne
pourrais-je pas
Etre
redondant
Les
sentiments des hommes d'antan
Sont les sentiments des hommes d'aujourd'hui
Aucun
homme depuis n'est devenu Dieu
On
a connu des prophètes
Ceux-là
n'étaient pas semble-t-il
Redondants
Je
n'en suis pas un
Prêcher
n'est pas mon fort
Je
ne suis qu'un simple curieux
Qui
cherche la vérité
Afin
de comprendre
Pourquoi
je suis ce que je suis
Pourquoi
les autres sont ce qu'ils sont
Afin
de savoir
Si
je dois rester ce que je suis
Si
je dois différer de ce que sont les autres
Qu'importe
si on me taxe de redondant
Qu'importe
si ce que je dis
Fais
ou écris
Est
critiqué ou considéré
Comme
synonyme de banalité
Je
me suis juré
De
ne pas m'arrêter
Que
je sois attaqué
Ça
ne pourrait être que le signe
Que
quelque chose de moi a dérangé
N'est-ce
pas là déjà
Ma
finalité ?

|
| |
PARTIR...
Partir, partir !
Où çà partir
Le voyage, le vrai
N’est-il pas celui
Qu’on effectue en
nous-mêmes
Ne sommes nous pas
un mouvement perpétuel...
Partir ! partir !
Ne sommes-nous pas
toujours en train de partir
Les contrées de l’âme
n’ont pas de frontières.
L’univers du cœur
n’a guère d’horizon.
Le cerveau est un
phare
Qui ne s’éteint qu’avec
la mort.
Et l’esprit
N’est-il pas l’éternel
voyageur
Citoyen d’un monde
de chimères,
Il ne cesse de parcourir
Les champs fertiles
de la
Connaissance.
A chaque instant
de la vie,
Il s’en va à destination
de quelque part.

|
| |
ON RATE TOUJOURS UN TRAIN
On rate toujours
un train
Quelque part
Comme une vie qui
passe
L’hirondelle de mes
rêves perce
Vers l’inconnu...
Est-ce le temps qui
se renouvelle
Est-ce le flot de
la tendre jeunesse
Qui remonte le courant
de la vie
Étonnant résultat
d’une destinée
Créatrice...
Dompter l’incompréhensible
Croire aux mensonges
de l’homme
Avide d’éternité...
L’homme qui camoufle
le secret de
Sa triste faiblesse...
Il se veut fort et
invincible
Il se transmet à
travers
Les générations de
la gloire
Redoutable arme de
la lutte
Contre le néant
Mais de faiblesse
en faiblesse
L’homme inventorie
ses chutes répétées
Et se fait jumeau
avec les méandres de l’histoire.

|
| |
MONSIEUR
LE TEMPS
Une musique doucereuse
Chatouille mes oreilles
Je me réveille
Et me trouve enchanté
D’entendre cette
berceuse
Monter du gouffre
de mon âme
Comme un torrent
de sensations merveilleuses
Que le temps ne s’arrêtât
A cet instant ne
fut-ce qu’une seconde
Pardon, Monsieur
le Temps
J’avais oublié que
vous étiez
Le guerrier invincible
Implacable
Qui habite l’avenir
C’est jouer avec
le feu
Que de te vouloir
dompter
Ne chicanons pas
Je sais que tu es
toujours là
Dans ta plus parfaite
majesté
Et que moi, dans
ma toute petite
Petitesse
Ne peux te combattre
Vas y, passe
Puisqu’en passant
Je peux, moi aussi,
passer !

|
| |
PLAIDOIRIE
AVORTEE
Accusé
Levez-vous !
A
chaque seconde
C’est ce que mes
oreilles entendent
Qu’ai-je fait ?
Qu’ai-je contrefait
?
Il serait vain de
savoir
Il serait bête de
débattre
D’un sort déjà connu
D’un jugement déjà
connu
D’un arbitraire déjà
connu
D’une injustice déjà
connue
à
partir du moment
Où on récuse
Où on refuse
D’être l’esclave
De celui qui domine
De celui qui culmine
Et qui pense avoir
Le pouvoir
D’asservir
Et d’assujettir
Les pauvres gueux
Que sont les autres
Nous sommes déjà
accusés
Et notre plaidoirie
Est à l’avance refusée
Et nous ne pouvons
Hélas !
Mille fois hélas
!
Qu’être sans réellement
être
Et demeurer
Pour l’éternité
Les éternels accusés...

|
| |
L’OPPRESSEUR
Certes tu possèdes
le pouvoir
Certes tu sais qu’avec
cela
Tu peux tout avoir
Tu t’en enorgueillis
Tu te métamorphoses
Tu deviens un géant
Et tu te sens en
symbiose
Avec l’éternité
Baliverne !
Absurdité !
Que tu ne reviennes
à la réalité
Tu n’es guère ce
que tu crois
Tu peux me crucifier
Tu peux en un tour
de bras
Me mettre sous le
joug
De ta suprématie
Puisque tu es quelqu’un
De très haut placé
Et que tu ne peux
agir
Que comme ceux qui
sont très haut placés
Camouflage, vanité,
orgueil
Mensonge, arbitraire
C’est tout cela ton
lot
Et tu te dis téméraire
Tu peux me dicter
tes lois
Chercher à m’asservir
Et mon image ternir
Mais jamais tu ne
pourras
Égaler, atteindre
Le monde secret de
mon âme
Tu n’es qu’un petit
amateur
Friand de mots flatteurs
Traînant sous sa
carapace
Une âme ombragée
Une âme immonde
La main de Satan
Est d’une propreté
limpide
Comparée à la saleté
nauséabonde
De ton être
Que dis-je ?
De ton âme !

|
| |
GRAND
C...
Cher monsieur
Pourquoi es-tu haineux
Que t’ai-je fait
Que t’ai-je dit
Qui a pu gêner ta
vanité
Qui a pu mordiller
ta probité
Qui a pu ébranler
ta majesté
Quelqu’un a dit :
« Aussi grand
que sont les rois
Ils sont ce que nous
sommes »
Me considérant
Tout simplement
Tout bêtement
Comme un homme
Se peut-il, de ce
fait
Que toi
Cher monsieur
Pour que tu sois
Différent de moi
Tu n’aies plus d’échappatoires
Que tu n’aies plus
D’autres solutions
Qui puissent te donner
la quiétude
Qui puissent te donner
la certitude
Que tu es différent
de moi
Que par la seule
manière
Que t’accorde ton
pouvoir
Sans te gêner
Sans même t’émouvoir
Comme ça ,froidement
Comme quelqu’un
Qui de par son intelligence
Pense posséder
Tout le savoir
Pour qu’enfin
Il puisse prétendre
Il puisse affermir
Que sa personne
Se trouve sur un
autre piédestal
Le piédestal des
immortels
Le piédestal des
dieux
Et jamais
Au grand jamais
Sur celui des humains
Mon humanisme certain
M’empêche de te dire
Que tu n’es qu’un
grand C...
Qui pourrait, tellement
il est grand
Entourer la terre
entière.

|
| |
VAMPIRES
MODERNES
Charognards !
De quel sang
Comptez-vous encore
Vous abreuver ?
Ne vous suffit-il
pas
De tuer en nous
Ce qu’il y a de plus
cher
Que nous cherchons
Avec le peu de force
qui nous reste
Avec le peu de courage
qui nous anime
Pour en sauvegarder
La partie la plus
infime
Du brin qui nous
reste de nos sentiments
Certes, nous sommes
Ce que vous voulez
que nous soyons
Certes, vous voulez
que nous nous effacions
Pour cela vous êtes
devenus des vampires
Pour vous approprier
notre sang
Allez-y, sucez encore
Vous êtes les plus
forts
Et dans le monde
cafardeux où nous traînons
La destinée a fait
de vous les meilleurs
Charognards !
Notre sang va bientôt
tarir, s’épuiser
Auriez vous après
cela
D’autres viles besognes
Qui vous permettraient
de vous extasier
D’une gloire fantasmagorique
Et de vous pavaner
Dans un monde féerique
Fait de votre psychisme
Grouillant de mille
monstres
Affamés
Vous avez tout obscurci
Là où vous mettez
vos pas
C’est un désert qui
surgit
Et le printemps
Devient comme un
rêve lointain
|
| |
MOMIFIER...
Nous
devons nous taire
Nous
devons vous laisser faire
C'est
votre diktat
Nous
aurions beau nous révolter
Votre
force est telle que
Seul
le silence peut nous sauver
Votre
souhait profond
C'est
de vouloir
Nous
momifier
Nous
mettre dans un sarcophage
Et
de tourner
pour
des siècle durant
La
page...

|
| |
APOCALYPSE
Ô mon Dieu
Dieu miséricordieux
Est-ce la fin
L’Apocalypse est
déjà là
Horreur !
Elle s’amplifie
Elle pétrifie
Elle jouit
De nous voir horrifiés
Les choses se sont
figées
L’espoir s’est bloqué,
s’est disloqué
Le regard n’a plus
de gaieté
Les ténèbres de la
jungle
L’ont aveuglé
La joie n’est plus
Le bonheur n’est
plus
L’amour n’est plus
L’homme n’est plus
!
Tout fout le camp
Sous l’étreinte démesurée
D’un rêve agonisant
D’un rêve depuis
longtemps
Broyé, assassiné.
|
| |
COLOMBE
Pour toi colombe
bien aimée
Je chante
Pour toi j’égrène
le chapelet
De mes ardentes prières
Pour toi je me débats
dans cette triste
Et affreuse guerre
Pour effacer la guerre
par la guerre
Ma seule arme étant
ma profonde pensée
Cette pensée qui
pense à détruire
La gigantesque muraille
de la peur
Bâtie par l’homme
Colombe ! colombe
!
Mon cœur se lève
et retombe
Dans le gouffre du
désespoir amer
Et toi colombe, tu
refuses
De me fredonner la
chanson de la paix
Du fond de moi je
t’implore
Que le vacarme des
armes soit tu
Hélas ! mille fois
hélas !
Les hommes se meurent
et s’entre-tuent
|
| |
Adieu Tyran
Tu
as enfin
Annoncé
ton départ
Une
larme de crocodile
A
scintillé dans ton oeil
Hier
encore
Rempli
de haine et de dédain
Que
dis-je de venin
Notre
existence était pour toi
Parasitaire
Le
monde n'était fait
Que
pour ta personne
Toi
seul, avais le droit à tout
Selon
toi, c'était héréditaire
A
ce jour personne
Ne
peut dire
C'est
à en rire
Ne
peut nommer
Ou
décrire
Celui
qui t'a légué cet héritage
Car
de Néron à Hitler
Tous
les fachos de l'histoire
Comparés
à toi
N'étaient
que de simples enfants innocents
Tu
nous a fait tant souffrir
Sciemment,
volontairement
Ton
sadisme n'avait pas d'égal
C'était
pour toi une fringale
De
nous voir mortifiés
De
la peur que tu semais
Tu
nous as moralement assassinés
Et
nos âmes piétinés
Tu
as réussi jusqu'à la fin
Car
notre lâcheté
N'avait
pas de confins
Bien
que tu penses
Que
tu n'as rien
Sur
la conscience
Sache
bien
Qu'au
moins
C'est
moi
Qui
écrirai
Avec
une immense joie
Ton
épitaphe
Je
n'écrirai point
Que
Dieu ait son âme
Car
tu n'avais pas d'âme
J'écrirai
en grosses lettres
Pour
t'envoyer paître
«
Adieu bâtard
Adieu
Tyran »
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FEMME MANIAQUE
Femme infâme
Qu’as-tu fait de
mon âme
Se peut-il que ton
dédain
Soit le prix de mon
amour
Triste conclusion
d’une romance
Qui aurait pu être
sans fin
Je pensais qu’avec
toi
J’allais connaître
le sens de la joie
Qu’avec toi enfin
Ni la tristesse ni
le chagrin
N’allaient plus pouvoir
Atteindre mon cœur
Hélas ! avec toi
et à cause
De tes stupides manies
Mon cœur devient
la scène
Sur laquelle se joue
Une interminable
tragédie
Que puis-je dire
encore à mon cœur
Si ce n’est que tu
l’as brisé
Avec ta haine et
ta rancœur
J’avais voulu louer
tes charmes
Chanter ta beauté
Dire au monde
Ce que ton regard
angélique
Peut cacher comme
clarté
Et tes lèvres, sans
cesse capricieuses
Instrument sur lequel
se joue une mélodie divine
Source d’élixir intarissable
Combien sont délicieuses...
Et répéter encore
au monde
Comme un refrain
Que tu étais la lumière
De mes yeux
Sans toi tout devenait sombre
Et moi,
Je n’étais plus qu’une ombre
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TON SOUVENIR
Ton souvenir me hante
et m’exaspère
Et comme le souffle
d’une vipère
Ton haleine darde
encore
Le creux de mes oreilles
Je croyais que c’était
une foutaise de croire
Je pensais que de
tels sentiments
Ne pouvaient être
qu’évanescents
Et pourtant c’est
parti avec un regard à toi
Camouflant comme
qui dirait, le secret
De tous les temps
Je fus tenté
Tenté de m’anéantir
dans le faisceau
De ton regard
Tenté d’arrêter par
une main le temps
Et de l’autre cueillir
sur tes lèvres
La jeunesse de mes
jours
L’exploit était de
taille
Et ma seule force
était mon espoir
Que dire de tant
de rêves
M’ayant accablé nuit
et jour
Que dire de tant
de joie
Tant de bonheur et
tant d’amour
Lorsque enfin un
jour
J’ai pu être l’hôte
heureux
Des innombrables
merveilles de ton corps
Le monde autour de
moi n’avait plus
De mise
Les choses, je frissonne
quand je m’en souviens
N’avaient plus de
contenance
Ah ! Quelle était
délicieuse cette aventure !
J’étais comme ensorcelé,
comme envoûté
De tout ce qui m’entourait
je m’en foutais
Il n’y avait plus
que toi qui vivais
Tout le reste c’était
des fantômes et du néant
C’était quelque chose
que je n’avais jamais
Connu auparavant
Même moi je n’existais
plus
Ou n’existais qu’à
travers toi
Quand un regard m’échappait
quelque part
Surprise agréable
! C’était toi que je voyais
L’aliénation complète
d’un être par un autre être
Adoration sublime
ou perdition d’une âme ?
Faiblesse profonde
d’un cœur affamé ?
Ou tout simplement
Le ravage de l’esprit
par les sentiments.

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LUMIERE
FATALE
Un regard glorieux
jaillit des cavernes
De tes yeux
Signe précurseur d’un cerveau empaillé
Fétichisme d’un inconscient
Haletant
Et moi ! en face
de toi
Je piétine
Je foule l’espoir
Lumière d’antan
Lorsque de nos lèvres coulaient comme un flot
Des tempêtes de délices
Que reste-t-il de
ce chant légendaire
Le chant qui a su braver le ciel
Qui chevaucha comme un guerrier
Invincible sur les chemins sinueux
De l’imaginaire
La métamorphose
d’un être banal
L’éclat d’un jour éternel
Ce fut ton histoire
Indomptable j’étais
Ta beauté était fulgurante
Mon âme, incapable de percer
Le mystère,
Succomba à la plus douce des misères...
Que ceci fut fatal.

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DOUX
AVEU
Vois-tu
Aujourd’hui je ne
suis pas triste
Je suis même heureux
et ai l’âme artiste
Je voudrais emprisonner
dans mes yeux
Le dessin de ton
sourire
Naviguer dans la
splendeur de tes yeux
Et y périr
Je voudrais au monde
entier
Apprendre chaque
note de ta voix
Cette douce voix qu’hier
M’a dit : « je
t’aime »
Tu me l’as dit enfin
!
Et j’en ai la résonance
sublime
Sais-tu que depuis
hier,
Tout est devenu chants
et lumières
Sais-tu qu’entre
moi et le bonheur,
Il n’y a plus de
barrière !

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INSPIRATION
Amie prends ta plume
Assis toi là, j’ai
besoin de ton parfum
J’ai besoin de me
verser dans tes yeux
Pour m’enivrer d’une
inspiration profonde
Mon âme ne supporte
plus d’être tourmentée
D’entendre autour
d’elle des sons indésirables
Ta voix lui servira
de voile pour
Qu’enfin sa barque
trouve la rive
D’une paix éternelle.
Écris, de toi je
puiserais mes mots
Grâce à toi, je puiserais
la candeur
Qui manque à mes
jours
Car un grain de folie
peut toujours
Servir
Et l’amour en est
un
Pourquoi devrais-je
alors rester sage
Puisque l’usage veut
que la vie passe par là
Écris, mon amie,
ne t’arrête point
Même s’il s’agit
de ma fin
Je pourrais au moins
dire qu’enfin
J’ai pu avouer mon
amour à quelqu’un.

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ÊTRE
TON ETRE
Âme de mon âme
Vie de mon cœur
Je peux dire sans
peur
De me tromper
Avec la certitude
De ne pas te tromper
Que tu es la chérie
que je chéris
Que tu es mon unique
amour
Sans toi l’existence
serait amère
Mes jours seraient
vains
Tant de malheurs
Et tant de souffrances
Façonnent sans relâche
Notre quotidien
Ma quête s’essouffle
Et ta présence à
elle seule
Insuffle à l’esprit
La foi et le courage
Pour que la persévérance
Soit à jamais ma
devise
Grâce à toi toute
tempête
Se transforme en
brise
Et le volcan qui
bouillonne sous mon crâne
Se calme et devient
Source d’inspiration
sublime
Je t’en conjure ô
mon amour
Ne me quitte pas
J’ai peur sans toi
Le monde idéal
Ne peut se concevoir
qu’avec toi
A l’idée de te perdre
Mon cœur frissonne
d’angoisse et d’émoi
Je t’en conjure mon
amour
Ne me quitte pas
Laisse moi me confondre
en toi
Et être l’être de
ton être.

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IL N’Y AURA QUE TOI
Combien
de fois
Il
faut encore
Te
répéter
Qu'il
y a que toi
Et
qu'il n'y aura que toi
Même
s'il me reste
Une
seconde à vivre
Je
ferai savoir
Au
monde entier
Qu'en
amour
Je
reste un battant
Et
que pour moi l'amour
N'est
pas l'affaire d'un instant
N'est
pas le sentiment
Prouvé
que pour un laps de temps
Alors
trêve de doute
Trêve
de suspicion
Trêve
de disputes
Et
de mauvaises intentions
A
quoi peuvent servir
Tes
jérémiades et allégations
Sinon
à tout démolir
Je
ne suis pas un farfelu
Quand
je dis : Je t'aime
C'est
parce que je l'ai voulu
Des
années se sont écoulées
Je
suis toujours là
Tu
es toujours là
En
moi je n'ai rien refoulé
Mes
souvenirs d'hier
Sont
toujours vivants
Ils
naviguent en moi
Ils
chantent en moi
L'hymne
du bonheur
Celui
la même
Qui
, jadis, a couronné
Avec
une extrême intensité
Notre
amour
Mon
amie, mon amour
Que
ce soit la nuit ou le jour
Tu
vis toujours en moi
Ma
mémoire n'est vivante
Que
parce qu'il y a toi
Autrement
quoi ?
Dois-je
encore
M'égarer
dans mes fantasmes?
Avoir
raison
Avoir
tort
L'essentiel
N'est-ce
pas de t'aimer?
Je
ne veux plus penser
Et
admettre
Que
je sois constamment ruinée
Par
le doute
Au
point de t'incriminer
De
penser à tort
Que tu as cessé de m'aimer
Je
ne veux plus me cantonner
A
des supputations
A
des conjectures
A
des suppositions
Et
à mes multiples bavures
Mille
excuses
Mon
amour
Mille
excuses
Lumière
de mes jours
A
partir de ce jour
Je
ne penserai plus
Que
tu n'es plus
A
moi

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